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Séjour de printemps à Trebeurden, du 30 avril au 2 mai 2022
2 mai 2022
Samedi 30 avril, 14h30.
Mégalithes [1] bretons autour de Lannion.
Nous nous retrouvons très émus à Lannion, hôtel des Hortensias - Les hortensias adorent la Bretagne ! - Catherine Esnault et notre guide Thierry Boderhat, nous attendent au pied de l’allée couverte de Crec’h Quillé, à St Quay Perros.
Ainsi débute un circuit en voiture d’une trentaine de km, à la découverte des mégalithes, ces assemblages de pierres brutes de grande dimension. Entre chaque point de visite il fallait garer nos 7 véhicules, une véritable procession !
L’allée couverte de Crec’h Quillé est une sépulture collective à « entrée latérale », ainsi appelée en raison de la position de l’accès à la chambre funéraire, longue d’une quinzaine de mètres. C’est un mégalithe remarquable par son tertre exceptionnellement bien conservé. Constitué de limon sur une hauteur de près d’un mètre et d’une longueur d’une trentaine de mètres, il est bordé par de petits blocs de granit qui servent de contreforts. A l’origine, la butte de limon devait recouvrir complètement la chambre funéraire. Ce monument a été découvert en 1956 ; la datation des charbons de bois trouvés pendant la fouille, quelques années après, a indiqué que la sépulture était encore en usage vers 2500 à 2000 ans avant J.C., à la fin du Néolithique (alors que les dolmens les plus anciens de Bretagne, tels ceux proches de Morlaix, remontent au moins à 4500 ans avant J.C.). La fouille a aussi livré un peu de matériel, dont quelques poteries, des silex et deux haches polies ; il n’a pas été retrouvé d’ossements, la terre en Bretagne étant très acide. Nous encerclons le monument, écoutant attentivement les explications de notre guide, ravis d’être ensemble après plus de deux ans privés de sorties.
Le menhir de Trémarc’h à Trégastel est classé monument historique. De granit rose, il se trouvait auparavant sur une autre parcelle, avant d’être déplacé. Thierry nous apprend qu’un menhir du néolithique est enfoui dans le sol sur seulement un dixième de sa taille puis conforté par des pierres de calage.
Les tombes se sont succédées, plus belles les unes que les autres : celle de Kerguntuil où nous avons tous essayé de photographier, à 4 pattes dans l’allée couverte, les paires de seins sculptées avec ou sans collier (plutôt des boutons de seins d’ailleurs…). L’allée couverte de Keryvon à Pleumeur Bodou, est en bord de route. Sur l’Ile-Grande, pour l’allée couverte dénommée Ty-Lia, ce sont deux grandes tables d’environ 4m de long chacune qui assurent la couverture !
La très belle allée couverte de Prajou-Menhir à Trébeurden, mesure quinze mètres de long et l’art pariétal y est très présent (seins, cupules…). A quelques mètres, un menhir haut de 1,60m pourrait être le « menhir indicateur » de l’allée couverte.
Une mention particulière pour le Menhir de St Uzec :
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Plus de 7,50m de haut et sculpté vers 1670 de symboles de la passion du Christ.
Tout le monde se prend en photo devant ce monument hors norme !
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Le point final de notre procession fut le menhir de Toëno de l’île de Canton, haut de 1,90 m et battu par les flots à chaque grande marée.
A 19h, arrivée au village de vacances du CCAS de Trebeurden, situé face au port. La directrice, nous accueille et tout de suite premier imprévu, il faut changer de chambre Christiane et Alain. Christiane, par un mouvement malencontreux vient de se froisser le mollet et ne peut presque plus marcher ! Mais le très bon dîner, arrosé à volonté, remet d’aplomb les esprits et les estomacs, ainsi que l’humour très décapant de Thierry notre guide. Il nous a fort impressionné sur l’étendue de ses connaissances sous le feu ininterrompu de nos questions. La nuit fut très animée pour ceux qui sortaient de la discothèque voisine…un peu courte pour nous.
Dimanche 1er mai, 9h.
Géosolmar, un cadran solaire extraordinaire !
En route et à pied, pour le port de Trebeurden où nous attendent Odile Guerin, géologue, et Jean-Paul Cornec, astronome. Nous nous installons, dos à la mer, tout autour du Géosolmar, un instrument de mesure extraordinaire aux possibilités multiples, imaginé par Odile et Jean-Paul.
Pour faire simple :
GEO = géographie pour repérer la rose des vents, les points cardinaux et la boussole graduée ; mais aussi géodésie pour mesurer latitude, longitude et altitude ; et encore géomagnétisme pour trouver le nord magnétique ; géologie avec les 24 pierres de Trebeurden incrustées dans le cadran.
SOL = cadran solaire horizontal analemmatique circulaire inverse intégral ; soleil pour trouver les directions des levers et couchers de soleil selon les saisons ; lune pour les directions des levers et couchers extrêmes de lune.
MAR = maritime avec 4 paramètres pour mesurer les marées.
Si vous êtes dévoré de curiosité voici le lien : Géosolmar
Les explications étaient tellement captivantes que de nombreux promeneurs se sont glissés dans notre auditoire. Un pique-nique rapide sur les rochers du port a permis d’attendre la marée basse pour franchir à pied le passage jusqu’à l’île Milliau.
L’île Milliau, sur la commune de Trébeurden est un site naturel protégé.
Elle est propriété du Conservatoire du Littoral depuis 1984. Dans le passage, nous sommes entourés de chaos rocheux empilés les uns dans les autres, qui forment des figures des plus insolites. L’île est constituée de blocs de granit rose arrondis à gros cristaux du massif de Ploumanac’h. Ce n’est pas le cas du sud de l’île où affleure la cornéenne une roche métamorphique sombre, que le magma granitique d’il y a 300 millions d’années a recristallisé en formant de nouveaux minéraux. Nous nous engageons ensuite sur un sentier bordé de fleurs et après avoir traversé des landes d’ajoncs et de bruyères, rencontrés quelques lapins blasés et aussi des pins maritimes, nous arrivons en haut de l’île. Quel point de vue magnifique sur les alentours ! Dans cette île, étaient cultivées les meilleures pommes de terre du Trégor. Odile est intarissable sur la géologie et la botanique de l’île. Nous finissons tous assis dans une petite remise, à l’ombre, dans un très beau corps de ferme – la seule de l’île – maintenant transformée en gîte et Odile raconte.
Il était une fois une très belle dame, Lucie Jourdan. Elle acquit cette île en 1911, probablement avec l’aide de son protecteur Maurice Bunau Varilla. Ce nom est familier aux Orcéens de notre groupe : il fut propriétaire du château de Launay et aussi du journal Le Matin, aux sympathies pro-nazies. Confisqués en 1944, son château et ses terres furent acquis en 1955 par l’université de Paris. Mais le grand amour de Lucie Jourdan fut Aristide Briand, qui venait souvent sur l’île où se donnaient alors de grandes fêtes avec toutes les personnalités politiques et artistiques de l’époque.
En zodiac vers l’île de Molène.
Notre aventure se corse…Nous arrivons dans un petit embarcadère où coule une source d’eau claire. Il faut enlever ses chaussures, enfiler le gilet de sauvetage et sauter dans le zodiac où nous nous entassons comme des sardines effarouchées.
Le zodiac est pourtant dirigé de main de maître par un beau jeune homme, gainé dans sa combinaison de plongée : en route pour l’île de Molène.Cette île que fréquente Odile depuis plus de 50 ans est un archipel rocheux vieux de 120 000 ans, recouvert de lœss puis de sable. Avec la remontée de la mer, l’île est appelée à disparaître d’ici peu : en 50 ans, elle a déjà perdu la moitié de sa surface. Les très nombreux goélands semblent surpris de nous voir et sont un peu agressifs. Il faut dire qu’ils sont en pleine parade amoureuse ou en train de couver et manifestement nous les dérangeons.
Odile veut éprouver notre motivation : afin de nous montrer deux fissures significatives de la période glaciaire entre deux rochers, nous devons parcourir pieds nus un long parcours sur des granits à gros grains, pas du tout lisses… Nous retrouvons enfin le sable de la terre ferme avec soulagement. Odile nous montre aussi plusieurs endroits avec des traces de campement préhistorique. En effet il y’a 2200 ans, l’île était habitée. Pendant ce temps Daniel traque les oiseaux sans répit avec ses appareils photos et en particulier les barges rousses. Très bel endroit.
Puis le vent s’est levé et le retour fut épique : le zodiac ne pouvait pas trop s’approcher du rivage et le fond de l’embarcation était toujours rempli d’eau. Quelques-uns d’entre nous se sont laissés portés jusqu’au zodiac. Personnellement j’ai tenté involontairement un plongeon arrière par-dessus-bord. Finalement nous avons émergé dans le hall du centre de vacances, fourbus et trempés sous l’œil passablement agacé de la directrice, car nous étions en retard pour le dîner, comme d’habitude.
Après le délicieux repas en compagnie d’Odile, tout le monde était encore d’attaque pour une discussion à bâtons rompus jusqu’à 23h où chacun a refait le monde….
Lundi 2 mai, 9h 15.
L’île Grande, autrefois terre d’extraction du granit, aujourd’hui station ornithologique.
Nous nous dirigeons vers le port de St Sauveur sur l’archipel de l’île Grande qui était le plus important site littoral de Bretagne pour l’extraction du granit. Odile nous parle des carriers qui, depuis le XIIIe siècle et jusqu’aux années 1980, ont refaçonné le littoral au gré des commandes : la cathédrale de Tréguier, le viaduc de Morlaix, mais aussi les pavés de Paris, ceux de l’enfer du Nord, les quais de Bordeaux, du Havre, de Cherbourg, de la Tamise…
La LPO, Ligue de protection des oiseaux, et son logo Macareux-moine.
Le temps change, et nous allons nous blottir au chaud, à l’intérieur de la station ornithologique de l’Île-Grande, aujourd’hui centre de soins pour les oiseaux blessés. Nous sommes dans le 1er refuge LPO, fondé en 1912 pour prendre la défense des macareux qui, à l’époque, étaient décimés par les chasseurs venus de Paris. C’est l’origine du logo national Macareux-moine de la LPO.
La station LPO présente film et posters sur les oiseaux locaux et surtout la caméra installée sur l’île Rouzic nous permet d’observer incognito les fous de Bassan : j’ai adoré la danse des amoureux et la danse du « attention ne franchis pas mon territoire » fascinant !
Le tour des Sept Îles, réserve ornithologique d’oiseaux marins.
Retour au bercail pour le déjeuner. Enfin un petit temps libre juste pour une courte sieste puis départ en voiture pour le port de Perros-Guirec. Et nous voilà déguisés en touristes, avec lunettes de soleil et longues vues dans la vedette d’Armornavigation avec Sophie Guillaume de la LPO, derrière le micro.
Elle nous commente tous les oiseaux visibles sur l’île Rouzic dont nous faisons le tour. De mémoire : goélands, fulmars, macareux, guillemots de Troïl, pingouins torda, puffins, cormorans huppés, Faucon pélerin en vol, plein de fous de Bassan bien sûr et même un phoque gris. Puis le pilote du bateau a enchainé sur un commentaire des autres îles : Malban, Bono, l’île aux Moines (la seule visitable), l’île Plate, les Costans et le Cerf. Voilà les Sept îles, la plus importante réserve ornithologique d’oiseaux marins de France.
Retour tranquille…Marie-Thérèse et moi sortons enfin les bouteilles qui attendaient sagement dans les frigos des chambres pour partager un dernier apéro tous ensemble, dans le parc en face du centre de vacances.
Mardi 3 mai matin.
Tout le monde s’affaire au son de l’aspirateur car le ménage des chambres est obligatoire. Personnellement, je cherche toujours Colette du CCAS avec qui je dois vérifier les comptes mais qui sera aux abonnées absentes jusqu’au bout…
Lannion et son centre historique.
Nous retrouvons Françoise Urien, de l’association ARSSAT (Association pour la Recherche et la Sauvegarde des Sites Archéologiques du Trégor),
à l’office du tourisme pour une visite de Lannion, ville pont sur l’estuaire du Leguer et capitale du Trégor.
Petite grimpette jusqu’à l’Eglise St-Jean-du-Baly et son curieux drapeau français métallique, fixé en haut du clocher. Puis direction l’hôtel de ville, le palais de justice et tout le vieux Lannion avec les très belles façades à pan de bois et les ruelles piétonnes. Sur le chemin du retour, nous admirons de loin l’église de Brélevenez, en haut de ses 140 marches de granit et son clocher troué d’ouvertures en forme de pique, cœur, trèfle et carreau !
Au moment de se quitter, une dernière surprise : Catherine et Thierry nous invitent chez eux, alors nous repartons vers Perros-Guirec et leur maison perchée. Nous avons tous piqueniqué à la fortune du pot et admiré le très beau jardin ! Puis tout le monde a enfourché son cheval à moteur pour 6h de route, la tête pleine de souvenirs et de noms d’oiseaux !
Un habitant de Lannion très remarqué :
L’origine de la coiffe est incertaine...
Marie NGUYEN et Claude CABOT
ps : les images sont cliquables !
[1] Le terme de mégalithes , étymologiquement "grande pierre", regroupe des termes génériques parmi lesquels « menhir » (pierre longue) ou « dolmen » (taol mein, table de pierre), créés à la fin du XVIIIème siècle et empruntés à la langue populaire bretonne. Les dolmens, apparus au début du néolithique ne supportent qu’une seule dalle de couverture, alors que les allées couvertes apparues à la fin du néolithique, supportent plusieurs dalles de couverture.










