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Compte-rendu du séjour ornithologique en Baie de Somme

1er octobre 2022

Lundi 17 octobre, au parc du Marquenterre.

Le parc du Marquenterre nous offre à lui seul une grande diversité de milieux et de faune, pinèdes, dunes, prairies, marais, roselières…Terre d’accueil des oiseaux dans une région de chasse au "gibier d’eau", il propose plusieurs parcours, jalonnés de 13 observatoires. Il nous a fallu la journée pour profiter de la plus grande partie d’entre eux. Les guides naturalistes du parc, présents sur place répondaient à nos questions et nous faisaient profiter de leurs découvertes.

Le matin
Une foule de foulques macroules (!) grégaires et bruyantes, bien dodues , toutes noires, facilement reconnaissables à leur bec et plaque frontale blancs. Un martin-pêcheur pose depuis son poste de…pêche !
De tout près, des avocettes, aux pattes bleues et bec recourbé typiques (recurvirostra) ; des spatules blanches au bec si particulier, au repos sur une patte ; des tadornes de Belon au bec rouge, orné d’une excroissance de même couleur et au plumage très contrasté blanc noir et roux ; quelques chevaliers gambettes aux longues pattes orangées ; des canards souchets au bec large comme une pelle !

De plus loin : des grèbes castagneux, des fuligules morillon et milouin ; un peu partout, des gallinules poules d’eau jeunes plus brunâtres et des adultes presque noires, sauf une rayure blanche horizontale sur les ailes et un croupion blanc ; seules les adultes arborent leur bec rouge à pointe jaune.
Sur les chemins, de nombreux rouges-gorges et des mésanges à longue queue. On entend beaucoup les sittelles. Côté végétation, l’argousier est omniprésent, avec ses petites baies orange, ainsi que l’eupatoire chanvrine. Les taches jaunes des fleurs d’onagres ajoutent leur touche de couleur. Plus rare, la jolie fleur blanche de la parnassie des marais.

L’après-midi
Parmi les grands échassiers : des aigrettes garzettes, quelques grandes aigrettes, et quelques cigognes blanches, hérons cendrés, et à nouveau des spatules blanches. Chez les limicoles : une centaine de barges à queue noire et des vanneaux huppés.

Chez les palmipèdes, des cygnes tuberculés et un cygne chanteur au bec jaune et noir, qui se laisse observer de très près. Il a une histoire particulière : recueilli blessé (chasse...) par les guides du parc, il a été soigné, nourri et semble s’être très bien installé dans le parc, bien qu’il ne puisse plus voler…
Mais aussi une oie cendrée avec son bec orange et la cohorte des canards pilets, siffleurs, souchets, colverts, sarcelles d’hiver !

Au long des chemins et tout près de nous, des "highland cattle"

au long pelage noir ou marron équipées d’immenses cornes très impressionnantes. Ils sont heureusement très paisibles ! Dans les prairies du parc, quelques chevaux Henson, une race locale au cœur des événements équestres de la baie de Somme.
Une belle observation, grâce à une animatrice du parc qui nous signale un épervier au repos, posé au sol.

De retour vers notre gîte de St Firmin, nous faisons halte au parking de l’embouchure de la Maye, à la pointe de la Guille : quelques moutons d’Ouessant sont entrevus. Pas de vent, il fait bon, juste le roulement de la mer au loin.

Mardi 18 octobre 2022, au sud de la baie de Somme.

Après notre trajet magnifié par la brume matinale, une promenade agréable dans la ville haute médiévale de St Valéry sur Somme, d’où nous nous jouissons d’une vue superbe sur la baie en ce matin ensoleillé.

La pointe du Hourdel
C’est un des meilleurs sites pour observer les phoques… mais, ça se mérite ! il faut marcher longtemps sur les cordons littoraux de galets avant de les voir se prélasser au soleil.
C’est l’occasion d’un petit coup de gueule vers des promeneurs trop curieux qui s’en approchent beaucoup trop, "pour la photo". Chaque année de jeunes blanchons sont abandonnés par les adultes qui s’enfuient à l’approche des indésirables.

Le Bois de Cise
C’est un hameau très rupin, niché dans une entaille de la falaise de craie, avec ses magnifiques villas début 20 ème , à l’abri d’un lambeau de forêt. Nous débouchons sur une petite esplanade qui conduit à la grève de galets par un long escalier bien pentu.

Les falaises, habitées par les choucas des tours, nous dominent, rayées de lits de galets de silex bien sombres. Depuis la grève, on devine à voir les grandes fissures, que des pans entiers s’écroulent régulièrement.
Anne nous alerte : une silhouette sombre se découpe au bord de la falaise. Pas de doutes, c’est un faucon pèlerin, (superbe à la longue-vue !), qui surveille son domaine .
Un phoque isolé est repéré en mer.

Le Hable d’Ault
Derrière le cordon littoral de galets, en terrain plat et dégagé (heureusement) c’est aussi le domaine des chasseurs. Ils y pratiquent la chasse à la hutte, d’où ils tirent le « gibier d’eau », après avoir disposé des appelants en plastique (ou vivants) dans leurs mares (traditions ?).
Depuis le haut du cordon de galets, nous observons des sternes, malheureusement en contrejour, qui plongent et pêchent devant nous. Des panneaux nous alertent sur la présence possible de nids de gravelots au sol à même les galets, heureusement pas en cette période.
Des pipits maritimes à la livrée bien rayée sont observés au sol, juste devant nous. Un peu plus loin sur le chemin, en direction de Cayeux, des verdiers sont alignés en haut d’un buisson et sur une zone humide, des cormorans, grèbes castagneux, tadornes et faucons crécerelles.
L’exploitation des galets à Cayeux sur mer est encore une activité importante. Ils sont ramassés sur la grève, entre Ault et la pointe du Hourdel.

Au Cap Hornu
Laurence et Claude nous proposent un détour vers le cap Hornu, à l’embouchure de la Somme.
Sur les berges de sables et limons, des mouettes rieuses, des goélands bruns, aux ailes bien contrastées à peine plus petits que les goélands argentés aux pattes roses, des goélands cendrés aux pattes jaunes et des courlis cendrés. Une bergeronnette grise sautille non loin d’un grand troupeau de moutons de pré-salé qui paissent l’obione. De l’autre côté de la baie, on voit Le Crotoy éclairé par le soleil déclinant tandis que la marée monte tranquillement.

Mercredi 19 octobre, la vallée de la Somme, en amont d’Abbeville

Le Matin au Catelet, à la maison des Marais.
A mi-chemin entre Abbeville et Amiens, depuis le hameau du Catelet, nous rejoignons la Maison des Marais. L’endroit est assez sombre, et on y devine très vite l’importance de la chasse !
De grandes pièces d’eau où patrouillent de rares foulques, grèbes huppés, cygnes, grandes aigrettes, et canards colverts.
Mais beaucoup d’intrus parmi eux : des appelants en plastique ! Consternation devant les appelants vivants : pilets, sarcelles, siffleurs, malheureux canards encagés utilisés pour piéger leurs cousins sauvages de passage…
Heureusement une belle rencontre avec le propriétaire d’une hutte de pêche, qui nous fait l’honneur de visiter son petit paradis. On comprend que les relations de voisinage entre chasseurs et pêcheurs ne sont pas toujours simples…Il nous parle des silures glanes bien présents dans ces étangs, les plus grands poissons prédateurs d’eau douce d’Europe. L’un d’eux, pêché sur place, mesurait plus d’un mètre de long et avait avalé tout rond un ragondin et un brochet de 40 cm.
Côté botanique beaucoup de chardons maraîchers, qui poussent à côté de la grande consoude, mais dont la feuille est crantée contrairement à celle de la consoude.
Un déjeuner au chaud dans un bistrot d’Abbeville est le bienvenu 😊

L’après-midi à la réserve des Grands-Laviers
De retour vers Le Crotoy, dernière halte dans cette réserve ornithologique de la vallée de la Somme, en aval d’Abbeville. Elle est équipée de plusieurs observatoires. En cheminant une bande de pinsons des arbres s’envole devant nous.
Une barge à queue noire évolue longuement devant nous, nous laissant observer tout à loisir son magnifique long bec.
De même les petites sarcelles d’hiver, de toutes les couleurs, que nous voyons de très près…depuis un observatoire ! Le mâle arbore une jolie tête brun chocolat, ornée d’un masque vert bordé de jaune du plus bel effet.
Un miroir…alaire (!) "…un triangle jaune vif, visible de loin orne ses flancs." (je cite la LPO). Une grande bande de vanneaux huppés se repose sur un ilot. Quelques hérons cendrés.
La journée se termine pour quelques-uns par un passage à Quend-les Pins. Depuis la plage, nous apercevons Fort Mahon et au loin, Berck. Des petits bécasseaux (sanderling ?) courent à la lisière des vagues.

Au revoir la baie de Somme…

Elisabeth Allaire, octobre 2022

Portfolio

  • Grève du Bois de Cise
  • Spatules blanches au repos
  • Martin-pêcheur
  • Grèbes castagneux
  • Parnassie des marais
  • Highland cattle
  • Falaises du Bois de Cise
  • Barge à queue noire...à trouver !
  • Moutons de pré-salé
  • Barges et vanneaux